Conception d’emballage alimentaire réglementaire canadien : Olivia’s Croutons

Bilingual Canadian Food Packaging

Il y a deux ans, l’entreprise du Vermont Olivia’s Croutons nous a contactés, car ils planifiaient d’exporter au Canada. Ils nous ont mandaté pour concevoir et développer leur emballage alimentaire bilingue conforme à la réglementation canadienne (design et textes).

La réalisation d’un tel projet comprend beaucoup plus d’étapes qu’il n’y paraît à première vue!

Cet article présente tout ce qu’implique un tel projet.

Si vous avez besoin d’en savoir plus sur les réglementations canadiennes en matière d’étiquetage des aliments dont nous parlons ici, vous pouvez vous reporter à nos deux articles sur le sujet : “Étiquetage alimentaire États-Unis et Canada : changements 2016 aux règlements” et “Étiquetage des aliments et valeurs nutritives : différences entre les États-Unis et le Canada

Regardons le projet, étape par étape :

  1. Liste des ingrédients et allergènes

La première chose dont nous avions besoin était la liste des ingrédients utilisés.

Au Canada et aux États-Unis, des normes d’identité existent pour des centaines de produits dans de nombreuses catégories d’aliments. Ils définissent les caractéristiques des produits et des ingrédients.

Par exemple, au Canada, la farine doit être de la farine enrichie. Donc, si Olivia’s Croutons n’utilisait pas de farine enrichie dans leurs croûtons, ils devaient changer leurs recettes pour le Canada. S’ils avaient utilisé des additifs alimentaires, nous devions aussi vérifier si ceux-ci étaient autorisés au Canada.
Munis de la liste des ingrédients utilisés aux États-Unis, notre rôle était de faire la recherche sur les normes d’identité canadiennes et les additifs alimentaires autorisés au Canada et de faire des recommandations à Olivia’s Croûtons.

Nous leur avons également fourni la liste des allergènes à déclaration obligatoire au Canada, car elle est différente de celle des États-Unis.

  1. Nom du produit alimentaire

Les normes d’identité peuvent également avoir un impact sur les noms utilisés par les croûtons d’Olivia’s Croutons. S’ils voulaient utiliser le mot « pain » dans leur nom ou leur liste d’ingrédients, ils devaient vérifier les ingrédients qu’ils utilisaient dans le « pain ». En effet, le « pain » a une norme d’identité qui définit les ingrédients des produits qui sont autorisés à être appelés « pain ».

Ainsi, nous avons dû informer Olivia’s Croutons des noms qu’ils pouvaient utiliser sur leurs emballages.

  1. Traduction française

Au Canada, à l’exception des fabricants locaux dans les provinces autres que le Québec, vos étiquettes doivent être bilingues.

The first critical step is to understand how much space there is on the package to accommodate the additional French text, which elements need to decrease in size, and which text or graphics to take out. French texts are roughly 30-50% longer than English texts. So this often means significant changes to your box design. But we find that it is crucial to start with this analysis, to avoid the additional step and incremental cost of having to redo the translation later.

Les textes en français sont environ 30 à 50 % plus longs que les textes en anglais. Cela signifie donc souvent des changements importants dans la conception des emballages.

La première étape critique consiste donc à comprendre combien d’espace il y a sur l’emballage pour accueillir le texte français supplémentaire, quels éléments doivent diminuer en taille et quels textes ou graphiques retirer.

Nous pensons qu’il est crucial de commencer par cette analyse, afin d’éviter d’avoir à refaire la traduction une seconde fois, ultérieurement.

Tous les textes des étiquettes nécessitent des traductions professionnelles. Le traducteur doit connaître l’industrie alimentaire, utiliser les bons noms d’aliments et être québécois plutôt que français. En effet, surtout dans cette industrie, de nombreux aliments portent des noms différents en France et au Québec. Cela est souvent dû à l’influence anglaise. Par exemple, on dit « pâte de tomates » au Québec mais « concentré de tomates » en France.

De plus, le traducteur devra peut-être consulter le site Web de l’Agence canadienne d’inspection des aliments pour vérifier quels synonymes d’additifs alimentaires sont autorisés et quelles traductions sont acceptées. Un autre client avait « slaked lime » comme ingrédient, et la traduction de chaux pourrait être « chaux« , ce qui est plutôt peu appétissant. Cela ressemble à un matériau de construction. Mais « hydroxyde de calcium » est un synonyme acceptable, et l’agence autorise deux traductions : « hydroxyde de calcium » et « hydrate de calcium ».

  1. Informations nutritionnelles : Les analyses pour 100 g

Comme vous l’avez peut-être lu dans notre article “Étiquetage des aliments et valeurs nutritives : différences entre les États-Unis et le Canada”, il existe des différences dans la taille des portions pour certains aliments et dans les valeurs quotidiennes de certains nutriments. Et il existe des règles spécifiques lorsqu’il s’agit d’arrondir les nombres pour le poids et le % des valeurs quotidiennes.

Concrètement, cela signifie que nous ne pouvons pas utiliser les chiffres des tableaux de valeurs nutritives américains. La taille des portions et le % des valeurs quotidiennes peuvent être différents. Nous avons besoin du rapport d’analyse de 100 g pour chaque produit afin de connaître le poids de chaque nutriment pour 100 g d’aliment. Sans cette information, il est impossible de calculer le poids des nutriments par portion et le pourcentage de la valeur quotidienne pour le tableau nutritionnel.

  1. Quantités de référence

Nous devons ensuite rechercher dans la base de données de Santé Canada les quantités de référence à utiliser pour les produits d’Olivia’s Croutons : les farces et les croûtons. Nous les utiliserons pour les tableaux de valeurs nutritives.

  1. Dimensions des emballages

Nous avons également besoin des dimensions des emballages. Nous verrons plus tard comment nous utiliserons cette information.

  1. Élaboration des tableaux de valeurs nutritives : taille et contenu

Maintenant que nous avons les rapports de 100 g, les quantités de référence, ainsi que les valeurs quotidiennes des nutriments telles que définies par la réglementation canadienne, ainsi que les règles d’arrondissement des poids et des pourcentages des valeurs quotidiennes, nous pouvons enfin calculer les valeurs des tableaux des valeurs nutritives. Il est temps de prendre notre calculatrice.

Nous calculerons également la surface de l’emballage pour déterminer la taille obligatoire du tableau des valeurs nutritives.

  1. Codes CUP

Les codes CUP ne sont pas obligatoires au Canada. Mais, comme vous le savez tous, les distributeurs et les détaillants aiment les utiliser dans la gestion des inventaires. Nous pouvons générer des codes à barres CUP uniques pour vos produits canadiens.

  1. Date de péremption

Le Canada a des règles spécifiques sur l’emplacement des dates « meilleur avant » et « conditionné le » sur vos emballages. Il existe également des règles sur la façon d’écrire les dates. Par conséquent, Olivia’s Croutons devait fournir de telles informations, et nous devions les informer comment et où marquer la date sur leurs boîtes. Notez que ces informations sont obligatoires si votre durée de conservation est de 90 jours ou moins.

  1. Conseils d’entreposage

Les conseils d’entreposage doivent être indiqués lorsque le produit ne se garde pas à la température ambiante de la pièce.

  1. Quantité nette

Des règles existent également pour la mention de la quantité nette. Nous devons confirmer quelle est l’unité de mesure appropriée pour le produit.

  1. Allégations : Allégations santé, sans gluten, biologique, sans OGM

Le texte de l’emballage fourni par Olivia’s Croutons doit aussi être soigneusement examiné pour identifier tout ce qui est une allégation, même des termes comme “naturel” ou “sans conservateur”.

Comme mentionné dans notre article sur les différences USA-Canada, nous devons vérifier quelles céréales le Canada considère comme étant sans gluten, ce qui est autorisé comme « grains entiers ». Dans le cas des croûtons d’Olivia, l’allégation « grains entiers » n’était pas autorisée en raison de la présence de riz blanc. Pour un autre client, c’était à cause de l’utilisation de « masa ».

Le libellé des mentions “sans OGM” est également réglementé et doit figurer à un endroit particulier sur l’emballage.

Olivia’s Croutons devait également obtenir l’équivalence de la certification biologique canadienne auprès de son agent de certification américain. L’emballage peut utiliser le logo USDA ou canadien, avec le nom de l’organisme de certification.

  1. Coordonnées du fabricant

Sur les boîtes canadiennes, le pays d’origine « Fabriqué aux États-Unis » a été ajouté. Notez qu’une telle déclaration n’est obligatoire que pour certains aliments, mais Olivia’s Croutons en avait besoin pour avoir accès à certaines subventions.

  1. Conception des emballages bilingues

Ce qu’il nous reste à faire : rassembler toutes ces informations pour réaliser un emballage bilingue bien pensé et élégant.

Pour plusieurs éléments de l’emballage (nom, tableaux nutritionnels, quantité nette du produit, ingrédients, coordonnées du fabricant), nous devons suivre des règles spécifiques en ce qui concerne la taille, le poids et style de la police de caractères, les couleurs, ainsi que l’interligne, les bordures et la couleur de fond. En particulier, les listes d’ingrédients et d’allergènes ont des règles strictes en ce qui concerne la police, y compris la façon dont chaque mot est séparé et l’utilisation de lettres majuscules et minuscules.

De retour à notre calculatrice pour définir des éléments comme la taille des polices de caractère car elles varient en fonction des dimensions de l’emballage !

Les éléments doivent également être placés dans une position et un ordre précis sur les différents panneaux de l’emballage.

Enfin, le graphiste doit respecter les règles de typographie en français (comment les mots sont coupés, comment placer la ponctuation, etc.). Ce sont des subtilités qu’un graphiste anglophone a peu de chances de connaître.

Conclusion

J’espère que je ne vous ai pas fait trop peur. Cependant, cet article démontre que les fabricants d’aliments ne peuvent pas prendre la décision d’exporter au Canada à la légère et que la conception d’un emballage alimentaire conforme à la réglementation canadienne en matière d’alimentation exige beaucoup de travail et beaucoup de connaissances.

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